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Jean Michel Aphatie 23 octobre 2009 Lien permanent

Elisabeth Lévy encore, JeanSarkozy toujours 23/10

Evidemment, Jean Sarkozy. Mais avant, un petit détour par Elisabeth Lévy.

J’ai signalé, hier, son papier. Un différent nous oppose sur le journalisme, banal et peu important. En revanche, une expression m’avait échappé, au tout début de son papier, qui m’a en revanche sautée aux yeux lors d’un nouveau passage. Voici donc la première phrase du papier d’Elisabeth Lévy:

On devrait toujours écouter Jean-Michel Apathie. L’autre soir, notre éditorialiste-cassoulet national a en effet émis sur le plateau de Michel Denisot une pensée qui devrait être méditée dans toutes les écoles de journalisme de France.

Passons sur le fait d’une orthographe fausse de mon patronyme, répétée d’ailleurs tout au long du papier. Pas grave, mais dévalorisante pour un journaliste dont on attend l’exactitude sur ce genre de détails.

Ce qui choque en revanche, me choque en tout cas, c’est la qualification d’éditorialiste-cassoulet. Il suffit donc d’avoir un accent qui ne soit pas exactement parisien pour se trouver ramené au statut de quelque chose « cassoulet ». Si l’on est en colère, on peut y voir du mépris. Si l’on est de bonne humeur de la bêtise. Venant en plus d’une journaliste qui se dit en lutte contre la pensée unique et les discours formatée, l’utilisation de ce type de cliché fait douter de la libération complète de l’esprit.

Au passage, cette précision pas anodine: le Pays Basque n’a rien à voir avec le cassoulet.

Donc, Jean Sarkozy. Il a renoncé hier soir, sur France 2, à la présidence de l’Epad. La sagesse, enfin. Mais que de dégâts au passage.

On a vu, au fil de l’histoire, des ministres insulter toute une profession, celle des journalistes, publiquement mis en cause pour leur supposé absence de professionnalisme, et ce uniquement par souci de solidarité avec le chef de l’Etat. On a constaté la progression du sentiment dévastateur du favoritisme politique. Et pour finir, une confusion importante concernant ce fameux établissement public d’aménagement de la Défense (EPAD) dont plus personne ne sait aujourd’hui qui en sera le président. Le sortant, Patrick Devedjian, ne plus exercer son mandat pour cause de limite d’âge. Le deuxième représentant de l’UMP au conseil d’administration de l’Epad, Jean Sarkozy, renonce donc à exercer la fonction. Il est peu probable qu’un élu de gauche bénéificie du fauteuil. Il faudra donc probablement se tourner vers un fonctionnaire pour occuper un poste, lequel sera par nature démuni de la légitimité qu’apporte le suffrage universel.

Lors de son intervention, hier soir, sur France 2, Jean Sarkozy n’a pas paru prendre la mesure exacte de la situation. Il a évoqué, pour expliquer sa reculade, une « campagne de désinformation (...) orchestrée de manière professionnelle ». Faute d’avoir été précisément questionné sur le sujet, on peut penser que dans son esprit, une campagne de presse a été organisé par ce que les plus sots d’entre nous dénomment système médiatique. En clair, Jean Sarkozy semble penser qu’il a été la cible, puis la victime, des journalistes, alors même que c’est un esprit public qui s’est majoritairement forgé dans l’hostilité à son projet. Confondre les sentiments qui structurent une opinion publique avec ceux qui les expriment est sans doute une faute assez grave dans l’échelle de l’action politique.

Jean Sarkozy a expliqué son retrait par le poids du soupçon de favoritisme qui aurait pesé sur son élection à la présidence de l’Epad. Mais ce soupçon, était-il fondé ou pas? Les questions ont manqué hier soir. Deux éléments au moins alimentent le soupçon. Le conseiller général des Hauts-de-Seine qui a opportunément libéré son siège d’administrateur de l’Epad pour Jean Sarkozy a été nommé dans la foulée au Conseil économique, social et environnemental. Hasard ou pas?

Quand à la présidence de l’Epad,aujourd’hui assumée par Patrick Devedjian, un projet de décret prévoyait de faire sauter le verrou des 65 ans qui oblige l’actuel titulaire à passer la main. Il a été écrit que Matignon était favorable au décret et que l’Elysée avait formulé un refus. Vrai ou faux?

Les réponses de Jean Sarkozy auraient été intéressantes pour que chacun puisse se faire une opinion.

Demeure donc le point final, qui sera président de cette zone d’aménagement qui est tout de même la première d’Europe? Là aussi, l’incertitude est totale.

Il faut ce matin mettre un point final à cette histoire à la fois étonnante et désolante. Elle n’est de bout en bout, qu’un gâchis. Elle a brûlé un jeune homme qui aspire à faire de la politique. Il s’en remettra sans doute, mais il aurait pu, et on aurait dû, lui épargner cette peine. Des insultes ont été proférées publiquement, qui n’aurait pas plus d’excuses qu’elles n’avaient de justification. Une ombre enfin aura été portée sur l’impartialité de l’Etat, ce qui n’est jamais bon et qui se révèle singulièrement mauvais en temps de crise.


Bon week-end à tous

commentaires (1218)

Ajouter un commentaire 10h29 radiuvivant 27-10-2009

Cher Jean-Michel,

Je ne suis pas étonné de voir un(e) confrère tomber dans ce que j'ose appeler "la tendre et récurrente xénophobie parisienne", qui stigmatise depuis plusieurs siècles, les accents du Sud et ceux qui le possèdent. Dois-je rappeler le célèbre (hélas, trop souvent oublié) texte de Stendhal (Michelet, Flaubert, Céline et bien d'autres ont eux aussi participé de cet ethnocentrisme stupide) sur les Méridionaux : " Un ministre de l'intérieur qui voudrait faire son métier (...) devrait demander un crédit de deux millions par an pour amener au niveau de l'instruction des autres Français les peuples qui habitent dans le fatal triangle qui s'étend entre Bordeaux, Bayonne et Valence. On croit aux sorciers, on ne sait pas lire, et on ne parle pas français dans ces pays. (...)" Stendhal, Vie d'Henry Brulard.

Je ne saurais trop te conseiller (tu sais combien la chose est complexe) de faire d'un creux une bosse : un accent tonique souligne (nous en avons en langue occitane comme en euskara, comme en castillan et en italien) notre capacité à mieux apprendre et dire d'autres langues du domaine "roman". Aujourd'hui ce n'est pas un moindre avantage.

En souvenir d'une "saison paloise". Amistats. Serge J.

Ajouter un commentaire 10h41 pascal49125 26-10-2009

Un débat national sur les 171 millions d'euro ont peut aussi ?
Un rapport de la Cour des comptes remis au Sénat critique sévèrement les 171 millions d'euros dépensés par la France pour sa présidence de l'Union dans le second semestre 2008, l'une des plus coûteuses de l'histoire.
Je rappel que selon Fillon est Sarkosy la françe est ruiné

Ajouter un commentaire 10h31 gege60 26-10-2009

un dépité UMP,aux ordres,demande une commission de controle de s journalistes

rien a redire JMA

Ajouter un commentaire 10h31 CROUSTELEVEE 26-10-2009

Bonne fête aux Dimitri et même aux Tri tout entier.

Ajouter un commentaire 10h30 MONTLU03 26-10-2009

10h18 mathias

Cela aussi fait partie des pare-feu à allumer de temps en temps pour maintenir un semblant de débat sur l'insécurité, alors que dans les faits, les priorités des Français sont économiques et sociales, mais faut bien camoufler la non-volontés de demander un effort aux banques, le refus de relever le bouclier fiscal, (même Villiepin a dit qu'en temps de crise, ce ne serait que justice), ou encore, laisser Mme Parisot dicter sa volonté sur l'abolition de la taxe professionnelle aux députés.


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