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Jean Michel Aphatie 26 octobre 2009 Lien permanent
Merkel, Badinter, Schneidermann 26/10
A puiser dans le supermarché de l’actualité ce matin, au moins deux infos...
La Une du Figaro, celle des Echos, et aussi celle de la Tribune: bisse des impôts en Allemagne
Les faits? Simples. Dans les quatre années qui viennent, temps de la législature, la coalition CDU-FDP (libéraux) d’Angela Merkel s’engage à baisser les impôts et les prélèvements fiscaux de 24 milliards d’euros. Globalement, la presse française citée applaudi, genre quel courage, quel culot, « Angela Merkel ose », lit-on sur l’un des titres.
En fait, dans notre vieille culture jacobine, deux courants s’entrechoquent. Baisser les impôts, c’est favoriser les riches. Donc, nous n’aimons pas. Baisser les impôts, c’est parier sur la relance, le redémarrage de l’économie qui remboursera au centuple les sommes pour l’instant concédées, et cela en France, on aime. Voilà trente ans que nous vivons dan le mythe de la relance. Alors quand quelqu’un « ose », fût-il Allemand, on applaudi, au moins un peu.
Ceci laisse amplement la place à quelques commentaires. Notons d’abord qu’après la France qui laisse tout filer et surtout ses déficits publics, l’Allemagne fait de même. Autrement dit, les règles qui présidaient à la monnaie unique, définies en 1992 et mise en oeuvre depuis le 1° janvier 2001, ces règles là ont vécu. Mort et enterré le pacte dit de stabilité et auquel on a rajouté de croissance. On imagine les pays pays de l’euro qui font des efforts pour tenter de rester un peu dans les clous, ou d’y revenir. Eux aussi sans doute auront envie de tout envoyer balader dans pas longtemps. Et ce n’est pas la commission européenne, expression même de la technocratie européenne qui pourra s’y opposer.
On peut donc annoncer la mort de l’euro, c’est à dire la fin de l’euro tel que nous l’avons connu, où seize pays affichaient une certaine solidarité dans la gestion de leur monnaie commune devenue unique. Qu’en sera-t-il désormais? Comment peut survivre une monnaie, c’est à dire continuer à représenter un certain capital de confiance sur les marchés monétaires quand chacun des seize, et en tout cas les plus gros parmi les seize, tirent des bords chacun de leur côté, sans se soucier du voisin?
En vérité, personne n’a la réponse et personne ne veut envisager le pire. Mais force est de reconnaître que l’euro vertueux, du moins en théorie, est mort. Quant à l’euro gabegie, nul ne peut dire combien de temps il vivra.
Autre remarque. Alors que la France a mobilisé ces plus beaux esprits pour réaliser l’emprunt du siècle qui commence, et qui financera les dépenses d’avenir auxquels personne ne peut s’opposer, l’Allemagne, fidèle à sa réputation depuis la trouée de Sedan, va au plus court, comme d’hab’. Vingt-quatre milliards de ristourne pour faire chauffer la machine. L’Etat allemand est comme le nôtre, surper fauché. Il est aussi super généreux. S’il est une leçon de la crise économique sans précédent que nous traversons, c’est que les dirigeants des grands pays occidentaux se croient autorisés de faire n’importe quoi.
L’autre info se niche dans une dépêche Reuters dont je vous livre les premières lignes
PARIS, 26 octobre (Reuters) - L'ancien garde des Sceaux, Robert Badinter, a jugé lundi que la justice avait bien fait son travail lors du procès de l'affaire Clearstream, malgré la présence de Nicolas Sarkozy parmi les parties civiles.
Le procès s'est achevé vendredi et le jugement a été mis en délibéré au 28 janvier 2010. Il marquera "l'histoire judiciaire" et "accompagnera le reste du quinquennat" du chef de l'Etat en raison des appels successifs à prévoir, a affirmé Robert Badinter sur Europe 1.
"Je trouve que le tribunal (correctionnel de Paris) et particulièrement le président ont très bien conduit les débats (...) Des évidences se sont dégagées", a-t-il dit.
Et bla,bla, bla, poursuit la dépêche. Je vous la livre pour les dernières lignes citées, celles qui font référence au travail du président du tribunal correctionnel: il a très bien conduit les débats, selon l’ancien Garde des sceaux Robert Badinter.
Pourquoi s’arrêter là dessus? Parce que ni Robert Badinter, ni aucune voix autorisée et forte, ne prend la peine de nous renseigner quand un président préside comme un pied. Nous n’avons pas entendu Robert Badinter, ni aucune autre voix autorisée, s’étonner, s’alarmer ou s’indigner, au choix, de la présidence de Didier Wacogne lors du procès en appel d’Yvan Colonna. Dépassé par les évènements, partial, partiel, parfois sourd et souvent à contre temps, ce président là a desservi la justice qu’il prétend servir. Et tout le monde s’est tu, du moins les acteurs publics qui peuvent avoir quelque influence.
Curieux de voir qu’en sens inverse, quand les choses se passent normalement, on sort la pommade, et bravo M. Le président, c’était très bien monsieur le président, vous étiez très bien M. le président. Si quelque possède l’explication, qu’il la donne.
Daniel Schneiderman, expert es média, animateur du site « Arrêt sur images », pourfendeur de la « gangrène » publicitaire dans les médias, s’est fait du mal hier soir puisqu’il a condescendu à écouter le Grand Jury sur RTL, dont l’invité était Eric Besson. Il m’y a vu, au passage concernant la « burqa », je le cite, « la bouche en cul de poule, tout émerveillé de voir naître là, devant ses yeux zébaubis, le fumigène de la semaine de vacances ».
Quel esprit fort et supérieur, que l’auteur de ces lignes, qui ne s’étonne de rien et qui sait, à ce point de distance par rapport à l’actualité et de maîtrise dans son art de la traiter, lire dans le visage et l’esprit des autres.
Avec d’autres, Daniel Schneidermann a beaucoup oeuvré pour discréditer le journalisme dans les médias dits classiques. Soumis au maître, n’est-ce pas, dociles et déférents. Lui qui regardait hier et s’en tenait aux faits, le voici maintenant dans la dénonciation et l’imputation, l’hypothèse et la construction. A sa manière, il incarne parfaitement une certaine dérive d’internet, où dominent la colère et le ressentiment, ce qui diminue, évidemment, le professionnalisme.
Mauvaise pente, et sans doute aussi erreur de l’écrire car viendront les réponses et les représailles. Mais comme j’ai trouvé cela grotesque, j’ai eu envie de l’écrire. Ca fait du bien, aussi.
commentaires (225)
j'informe l'honorable assemblée blogueste, qu'une nouvelle page est à votre disposition !!
coucou Lion
merci tu es sympa ;)
Bonjour bubulle,
Tu causes bien, j’apprécie ton humour et ta façon innocente de répondre à un post qui est « méchant » envers toi.
Bon courage et bonne journée.
"Nicolas Sarkozy a choisi Poligny."
Pourvu, qu'il n'y croise pas le fantôme de Jules, prince de Polignac (la révolution des Trois glorieuses)


L'argument selon lequel l'euro disparaîtrait parce que les Etats membres de la zone euro ne respectent pas les critères de Maastricht et tirent à hue et à dia ne tient pas, si l'on considère que dans un régime de fiat money, la monnaie est créé comme contrepartie de produits de dettes émis par les banques ou par l'Etat et non comme contrepartie d'un supplément de richesse produite. Dans la mesure où l'euro comme le dollar sont d'abord et avant tout des véhicules de financement de l'endettement public et privé, il est somme toute logique que les pays membres de la zone euro continue à s'endetter, dans la mesure où les investisseurs sont toujours acheteurs de dettes libellées en euros. Par ailleurs le jeu de vases communicants entre les zones économiques fonctionnant avec le dollar ou l'euro fait que les gestionnaires de portefeuille sont toujours friands d'investissement en euros lorsque ceux-ci offrent un rendement supérieur à ceux libellés e dollar, via notamment les transactions de produits dérivés permettant d'échanger des expositions en fonction de l'évolution du rendement des actifs constituant les portefeuilles gérés par les acteurs financiers internationaux. L'accroissement considérable de liquidités générées du fait de la gabegie des Etats nationaux et du besoin de renflouer les actifs des banques en détresse n'est pas gênant en soi, si l'endettement permet de relancer la machine économique et donc de rembourser les prêts octroyés à l'Etat ou aux entreprises. Dans cette perspective les Etats-Unis comme l'Europe se retrouvent dans la même situation désespérée avec une croissance languissante et des phénomènes de bulles spéculatives du fait du détournement de l'endettement à des fins spéculatives et non productives. Il ne faudrait donc pas prédire simplement la fin de l'euro du fait des distortions macroéconomiques entre des Etats tous plus dispendieux les uns que les autres, mais plutôt l'effondrement du régime de fiat money du fait de la déflation causée par par un trop plein de liquidité bancaire que des économies surréglementées deviennent incapables d'absorber.