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Jean Michel Aphatie 29 octobre 2009 Lien permanent

Triste chronique de l'Afghanistan 29/10

Un sujet surplombe tous les autres, les dépasse, et pourtant, il ne nourrit chez nous aucun débat sincère et profond. Il ennuierait plutôt, par fatalisme peut-être, et puis c’est si loin, si loin de nous, si étrange aussi, l’Afghanistan. De nouveaux attentats, hier, dans des lieux que l’on croyaient surveillés ou sécurisés par l’Otan, rlence le débat à défaut de le renouveler.

Les Talibans démontrent leurs forces jour après jour. Maîtres par éclipses de portions importantes du pays, ils font peser une menace constante, pas encore croissante, sur la capitale, Kaboul. Du coup, la population demeure attentiste, prudente, ce qui revient dans le meilleur des cas à entraver et à compliquer l’action des militaires de l’OTAN, dans le pire à créer les conditions d’une certaine hostilité à leur présence.

Face à la guerre, les démocraties sont toujours fragiles. Elles ne peuvent les mener efficacement que si plusieurs conditions sont réunies. Que les buts soient clairs, d’abord. Que le terme ensuite soit visible, du moins prévisible.

Dans la circonstance, rien de cela n’existe. Nous avons perdu les buts de vue. Comme toujours, la vie sociale, les préoccupations immédiates, les réalités politiques et diplomatiques proches absorbent toute notre énergie. Nous avons, c’est l’évidence, perdue de vue les buts de la guerre que nous menons en Afghanistan. La preuve? Les contournements de langage dont nous abusons pour éviter de nommer « guerre » notre présidence militaire là bas.

Guerre contre qui? Les Talibans, d’accord. mais guerre pour quoi? Pour qui? Pour le régime corrompu qui fait semblant de diriger l’Afghanistan aujourd’hui, et qui sans doute dialogue en sous main avec les Talibans? Et puis, que veut dire battre les Talibans? Autrement dit, à quel moment peut-on estimer que les buts fixés à l’origine sont atteints? Et donc que le retrait peut-être envisagé?

Il est probable que personne au monde ne possède la réponse à ces questions. Nous savons, parce que nous en avons eu la preuve le 11 septembre 2001, que les Talibans, où la forme de fondamentalisme religieux qu’ils représentent, constituent une menace directe pour l’occident. Cela justifie amplement que l’OTAN ait reçue pour mission de les déloger de l’appareil d’Etat afghan. Mais ensuite? Que dire? Que faire? Quelle stratégie mettre en oeuvre?

Une seule certitude existe. Partir sans que rien ne paraisse garanti, c’est se retrouver avec le retour inéluctable des Talibans au pouvoir face à un problème décuplé. En effet, la menace pèse désormais sur le Pakistan voisin, nucléarisé depuis dix ans et désorganisé, en profondeur, depuis ces dernières années. Donc, nous ne pouvons partir. Mais nous ne savons plus pourquoi il faut rester.

Cette terrible torture historique, dont le coût peut se révéler potentiellement très lourd, rend muets tous les dirigeants politiques. Nous sommes à la veille, en Occident, d’un grand discours qui expliquerait aux populations les raisons et les buts de l’opération militaire menée par l’OTAN. Rien, aucune analyse, aucun discours, ne vient contrebalancer l’effet horrible que produisent les annonces de décès de soldats qui apparaissent comme égarés dans pays lointain.

Du coup, l’idée est installée, déjà majoritaire dans l’opinion publique, d’un retrait souhaitable plutôt que préférable, comme une lâche démission devant une situation devenue incompréhensible. Ne pouvant décider cette vilenie, ou la réclamer, les responsables politiques demeurent passifs, tétanisés.

De tous les dirigeants occidentaux, Barack Obama, président des Etats-Unis, exprime le mieux cette impuissance. Voilà des semaines que son armées, ses alliés, son opinion publique, attend sa décision de renforcer ou non le contingent américain en Afghanistan. Tout le pousse à répondre non et il ne peut s’y résoudre car il sait la force négative de ce signal. Donc, il attend, et nous avec, une décision que pourtant il ne pourra plus différer longtemps.

Nul ne sait ce que diront les livres d’histoire de cette campagne occidentale en Afghanistan. Mais il est à peu près déjà sûr qu’il s’agira d’une chronique triste et amère.

commentaires (315)

Ajouter un commentaire 10h45 Bob5 30-10-2009

Vladimir pète la forme !

Ajouter un commentaire 10h43 Bob5 30-10-2009

10h32 Jean 2 30-10-2009

Tu imagines le bordel Jean ?
Non ! Y'a des responsables qui sont élus pour décider : qu'ils fassent leur boulot !
Ce qui est marrant, c'est de voir Ségolène qui les asticote, qui les gratouille, qui les titille … Ah la gourgandine !

Chaque fois que l'on pose une question au peuple, il répond à côté de la plaque en répondant à une autre question qui n'a pas été posée.
Tiens, … et si on faisait un test sur la peine de mort ?

Ajouter un commentaire 10h35 Bob5 30-10-2009

Mais pour qui roule Vladimir ?
Cet animal nous glisse entre les doigts comme une anguille ... ;o)

Ajouter un commentaire 10h32 Jean 2 30-10-2009

09h11 Bob5 30-10-2009
08h23 Gérard 57 30-10-2009

Votre réserve sur l'ouverture d'un débat sur l'Identité Nationale s'apparente à une désertion en rase campagne devant l'ennemi.

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Salut Bob,

Pourquoi pas faire une votation sur le sujet comme l'ont fait les gauchos ?

Ajouter un commentaire 10h20 NonRiendeRien 30-10-2009

10h16 vladimir 30-10-2009

Ce n'est pas ce que j'ai voulu exprimer, Vlad...mais alors : pas du tout !

Bonjour, Vlad.


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