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Jean Michel Aphatie 10 décembre 2009 Lien permanent

Hypocrisie, suite, le PS et Georges Frêche 10/12

Ce billet pourrait être rédigé sur un mode ironique. Ou bien sérieux. C’est un choix que l’on fait, en général, selon l’humeur du matin. J’ai donc choisi le sérieux. Allez savoir pourquoi... Peut-être parce que la juxtaposition des phrases et des faits suffit, sans effets, à montrer les faiblesses morales de la vie politique française.

Il était question ici même d’hypocrisie, à propos de ce débat sur l’identité nationale, imaginé pour des raisons qui n’ont pas l’air toutes bonnes, mal préparé et mal mené. Ce matin, le regard change de camp pour un constat hélas identique.

Dans sa préparation des élections régionales, le parti socialiste a été confronté à une difficulté particulière avec Georges Frêche. Ses déclarations malsaines, ses propos aux relents racistes, l’ont rendu infréquentable. Voici, pour ceux qui les auraient oublié, les mots utilisés par Georges Frêche en octobre 2006 pour parler de l’équipe de France de football:

« Dans cette équipe, il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s'il y en a autant, c'est parce que les blancs sont nuls. J'ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine. »

Pour des propos similaires, équivalents, proches ou voisins, Jean-Marie Le Pen a été mis au ban de la société politique. Avec Georges Frêche, les choses sont plus difficiles car il demeure, dans sa région, maître d’un jeu trouble. C’est ainsi qu’après quelques pitreries que nous nous épargnerons, les militants socialistes locaux ont fini par le choisir comme chef de file pour les prochaines élections régionales de mars 2010. Réaction de Martine Aubry, hier, au micro de France Inter:

« Nous n'entérinons pas sa candidature. Cette candidature nous a posé un certain nombre de questions pour ce que vous avez dit (ses propos racistes NDLR), mais aussi de manière générale, pour une façon de gouverner cette région, même si le bilan de Frêche et de son équipe est un très bon bilan.
Nous avons cherché une autre solution avec l'ensemble des partenaires de gauche qui ont eux-mêmes les mêmes questionnements. Un de ces partenaires n'a pas voulu que nous partions dans notre liste, c'est devant cette situation que nous avons décidé hier de prendre acte du choix des militants mais de ne pas donner l'investiture nationale à Georges Frêche. »


En soi, l’hypocrisie est presque insupportable. Comment, à la fois, refuser l’investiture nationale et « prendre acte »? Ces formulations font penser aux chancelleries des années 30, cet exemple à jamais de la diplomatie peureuse, qui a trop de principes pour accepter mais trop peu de courage pour refuser.

Le pire est ailleurs. En exposant son analyse de la situation, Martine Aubry a livré ce qui lui paraissait important, nécessaire, essentiel, de cet essentiel qui faut négliger le reste, c’est à dire les détails. « Il faut », a dit la première secrétaire du parti socialiste, « tout faire pour que cette région reste à gauche. »

Dans la phrase, le mot important est « tout », pas parce que « tout est dans tout », mais parce qu’ici, l’ignominie est dans « tout ».

Pour le parti socialiste d’aujourd’hui, mieux vaut « prendre acte » de la présence de Georges Frêche plutôt que de risquer de perdre le contrôle de la région. Mieux vaut, à la tête du Languedoc-Rousillon, un simili raciste, un pseudo raciste, un presque raciste, je prends des précautions en cas de procès, plutôt qu’un élu de l’UMP. Quelqu’un qui qualifie des personnes de « sous hommes » en raison de leur histoire, où qui suggèrent que des noirs ne représentent pas correctement la France est préférable à un élu qui n’a jamais tenu ce type de propos abjects mais qui a le tort, la tare, le mauvais goût, d’être de droite.

Le raisonnement consterne. Il a ceci d’intéressant qu’il révèle la vieille pensée rassie de la politique qui prétend représenter et défendre des valeurs, mais qui ne les applique pas dans sa vie quotidienne. Rendons d’ailleurs justice à Martine Aubry sur ce point. Si l’on excepte Arnaud Montebourg, qui s’est élevé très nettement contre le choix du PS, tous les autres dirigeants se sont montrés soulagés du chafouinisme de la position officielle. Cette manière de « prendre acte » convient à tous, aux jeunes comme aux vieux dirigeants socialistes, aux « éléphants » comme aux « lions », aux « espoirs » de la gauche comme aux « désespoirs ».

Aucun d’entre eux ne paraît comprendre que c’est cette manière de faire la politique qui dégoûte les citoyens, cette façon de toujours s’arranger avec la réalité pour préserver des petites intérêts, des petites boutiques, des choses qui ne sont jamais grandes et qui rapetissent ceux qui les défendent. Quelle misère de manquer à ce point de discernement.

commentaires (489)

Ajouter un commentaire 12h52 favez 18-12-2009

la suite: le qualificatif employé aurait pu et du être" vous êtes sans conviction et mangez à tous les rateliers"; ça n'aurait pas fait de une de journaux; il aurait traité n'importe qui de la même manière pour le même motif , qu'il soit aveyronnais, lozérien, ou chinois; le langage de freche est plus qu'imagé; il est à la politique ce que Nicollin est au foot; e arrêtons là avec ces polémiques stupides, basées sur des infos tronquées et partisanes; tout ce qui est excessif est insignifiant; la presse fait exactement la même chose avec segolène royal, qui fait toutes les premières pages dès qu'elle entrouve les lèvres ou fait un pas; plutot que de nous abreuver de titres ravageurs, parlez nous donc de la politique et de l'action en région de ces deux personnages atypiques du ps; c'est beaucoup plus édifiant et interessant que ces ragots de bas étages sans fondements

Ajouter un commentaire 12h46 favez 18-12-2009

où est donc passé le début de mon post qui était pourtant en ligne hier soir? celui où je vous disais Monsieur Apathie de faire vous même un travail de journaliste, c'est à dire d'investigation, de'analyse, au lieu de répéter des infos intox, des propos sortis de leurs contextes etc.... à propos de Freche et des blacks de l'equipe de france, vous pourriez faire ainsi comprendre à tous les lexcteurs pourquoi Freche a été blanchi par la justice; il suffit de remettre ses paroles dans le contexte de la séance du conseuil regional de ce fameux jour où ses propos ont été applaidis par tous les bords politiques; ils encensaient les blacvks de l'équipe de france, qui , eux se battent , pa&rce qu'ils savent ce qu'est la faim; tout le contraire de propos racistes, justement; et dire que l'équipe de france devrait comporter plus de blancs ,est d'une implacable logique; en effet si elle reflète le pays, statistiquement, il doit y avoir moins de noirs que de blancs; et c'est là que frache a dit" si les blance se défoçainet davantage, on les selectionnerait ; et par suite logique ,il y aurait mouins de noirs; rien de rien de raciste dans toutça; une simple constatation et reconnaissance du tarvail de ces noirs qui s'en donnent aklors que les blancs , manifestement en font moins; je vous suggère égalemnt de creuser l'affaire du fils de harkis avec lequel il a eu des mots; beaucoup de politiques auraient réagi aussi violemment à cette personne; certes, l'adjectif employé n'aurait pas été sous homme, ma

Ajouter un commentaire 00h34 favez 18-12-2009

suite de mon post : si le PS avait pris la peine de se renseigner sur l'histoire de freche, il ne l'aurait pas exclu et aujourd'hui ne serait pas embarassé par sa candidature; ils on refait la même anerie avec Julien Drey: ils n'ont pas attendu que la justice se prononce; la présomption d'innocence, ils ont pas l'air de connaitre!!!

Ajouter un commentaire 11h18 noutyh 16-12-2009

On parle de Georges Frêche aux 4 coins de la France mais saviez-vous qu'on peut ÊTRE MAIRE ET CONSEILLER RÉGIONAL, TOUT EN ÉTANT INÉLIGIBLE ?
C'est en effet le tour de force réalisé par Lionel Fournier, maire de Rombas, conseiller régional de Lorraine PS, avec la bienveillante passivité du préfet de la Moselle, préfet de la Région Lorraine.
Lionel Fournier a été renvoyé devant le Tribunal de Grande Instance de Metz pour détournement de fonds publics. Il a été jugé le 14 mai 2009 et condamné le 2 juillet 2009 à 1500€ d'amende avec sursis.
Croyant s'en être tiré à bon compte (grâce à une prescription inattendue des faits de plus de 3 ans ; ce manège durait en fait depuis + de 12 ans !), le maire de Rombas a décidé de ne pas faire appel. Dix jours plus tard, le jugement était donc définitif.
Mais comme souvent, le diable se cache dans les détails ; et ce détail, en la circonstance, c'est l'art. 432-15 du code pénal au titre duquel Lionel Fournier a été condamné. Cet article renvoie en effet, en cas de condamnation définitive, à l'article L7 du code électoral qui prévoit une radiation automatique des listes électorales pendant 5 ans (c'est à cet article que le député PS Jean-Jacques Urvoas avait proposé d'apporter un amendement en septembre dernier, en toute discrétion. Devant le tollé général provoqué, le PS s'était dépêché de faire arrière).
Lionel Fournier privé de ses droits civiques devait donc être immédiatement démissionné par le préfet, en application des articles L230 et L236 du code électoral. Le caractère immédiat de la démission n'est pas sans intérêt car il évite en effet l'ouverture d'une période de non-droit pendant laquelle un élu qui aurait toujours son titre n'en aurait plus les capacités.
Depuis la mi-juillet, date à laquelle sa condamnation est devenue définitive, le maire de Rombas continue d'agir comme si de rien n'était : il réunit le conseil municipal, fait prendre des délibérations, signe des marchés publics, célèbre des mariages… Quelle est donc la valeur juridique de tous ces actes ainsi que de tous les actes signés en vertu des délégations que le maire a données ?
Pour des raisons qu'on ignore, le préfet de la Moselle n'a pas agi. Pire, depuis le 12 novembre 2009, date à laquelle nous l'avons interpellé sur cette situation, il refuse d'agir.
Pour corser le tout, Lionel Fournier, conseiller régional sortant vient d'être reconduit en 9ème position sur la liste PS en Moselle, par Jean-Pierre Masseret, président du Conseil Régional, et ce, en toute connaissance de cause.
Et tout cela au moment où on débat sur l'identité nationale française… Qu'elles sont belles nos valeurs !

Ajouter un commentaire 20h38 co_cora 15-12-2009

Aphatie et la contradiction :
Sarko et Villepin : c'est une faute grave de traiter quelqu'un de coupable avant son procés; et c'est inadmissible que les journalistes n'aient pas rappelé la présomption d'innocence au président.
Dray et le PS : c'est une honte pour le PS de ne pas présenter Dray aux régionales, c'est une double peine avant même le procés. (Petit rappel : ce sont les citoyens qui votent et non seulement des militants UMP et PS. Le PS ne présente pas Dray parce qu'ils ont peur qu'il soit condamné mais parce qu'ils pensent que les électeurs ne vont pas voter pour Dray justement à cause du doute qu'il y a et c'est bien pour cela que l'UMP soutient la candidature de Dray !)
Freche et Aphatie : petit rappel : la justice ne l'a pas condamné, alors arrêtez. faites votre boulot de journaliste : analysez le rapport du procés si il le faut et ne tronquez pas les propos comme le font la plupart de vos confrères pour ce cas ou un autre ! Vous êtes pas au dessus de tout ! La justice est encore indépendante jusqu'à preuve du contraire. Il ne vous reste plus qu'à prouver le contraire ou taisez vous !


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