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Jean Michel Aphatie 14 décembre 2009 Lien permanent
Duflot, Copé, Johnny, l'emprunt 14/12
Chaque jour, nous passons à côté de quelques déclarations fortes ou instructives, susceptibles de nous faire réfléchir sur nous mêmes, sur les autres, sur l’univers et la galaxie.
Cecile Duflot, secrétaire général des Verts, s’est confiée, hier, dans le journal Le Parisien. Comment vous rendez-vous à Copenhague?, lui a-t-on demandé. En train, a-t-elle répondu, par respect pour la planète, a-t-elle répondu. Et comment en revenez-vous?, lui a-t-on aussi demandé. En avion, a-t-elle indiqué, car je suis invité dimanche du 13 heures de France 2.
Que le respect de la planète et de ce qui tourne autour dépende d’une invitation dans un journal télévisé en dit long sur la foi, la détermination et le besoin de lumière de ceux qui nous dirigent ou aspirent à le faire.
France 5, milieu d’après-midi, dans l’émission « C’politique », présentée par le journaliste Nicolas Demorand. L’invité est Jean-François Copé », président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, homme politique qui a décidé voilà déjà longtemps d’arrêter la langue de bois.
Le journaliste attaque curieusement leur dialogue en le présentant comme ami de Johnny Halliday. C’est fou ce qu’il a comme copains, Johnny, depuis son pépin de santé. Et cette amitié possède, aux yeux du journaliste, suffisament de vertu pour demander à « l’ami » Jean-François Copé ce qu’il pense du traitement, pardon, du "déferlement" des médias à propos de l’hospitalisation de l'idole des jeunes. Pas orientée la question, mais non.
Réponse ahurissante de Jean-François Copé: « C’est un moment d’indignité. » Sentant qu’il tient le bon bout, le journaliste relance complaisamment: « Vous pensez que les médias piaffent en attendant la nécro? » L’image chevaline paraît bonne à l’invité qui dévide un couplet platounet sur la médiatisation, ah ma bonne dame c’est terrible. Ultime piaffement du l’intervieweur: « Vous lui souhaitez bon rétablissement, évidemment? » Évidemment. Puis l’émission reprend son cours normal, avec un fondu enchaîné sur les relations Sarkozy-Copé, aspect essentiels des relations internationales sur lequel il est légitime que les médias se penchent.
Réfléchissons deux minutes au dialogue et à son contenu. Que reproche-t-on aux médias, terme générique qui englobe des torchons et des serviettes? D’avoir dit que Johnny était hospitalisé? Est-ce une situation qu’il fallait taire? Ne pas divulguer? Se transmettre entre initiés? C’est ce que semble suggérer le questionnement et ce que dit explicitement la réponse. Est-ce pertinent? Ou même seulement réaliste? S’interroger sur la pertinence et le réalisme, c’est déjà répondre.
A partir du moment où des médias piaffants donnent l’information, il est naturel qu’ils disent pourquoi il est hospitalisé. Et donc, qu’ils fassent le lien entre cette nouvelle opération et la précédente. Et donc qu’ils se demandent si la précédente avait été bien faite. Et donc qu’ils se demandent qui avait faite la précédente. Et de fil en aiguille, voilà les médias, torchons et serviettes mêlées, qui racontent toute une histoire à propos de quelqu’un qui mène une carrière de superstar depuis quarante-huit ans au point d’occuper dans l’imaginaire collectif une place plus importante que celle de l’interwievé et de l’intervieweur réunis.
Quelle était donc la pensée qui présidait à la question? Et quelle était la pensée qui présidait à la réponse? Reprocher aux torchons et aux serviettes, c’est-à-dire aux médias, de faire leur travail, c’est souhaiter qu’ils ne le fassent pas. Souhaiter que les médias ne fassent pas leur travail, c’est les déclarer encombrant, gênant, à la vie collective. Donc, c’est souhaiter, au moins un peu, au moins un temps, au moins sur certains sujets, leur disparition. Pensée éclairante pour une personnalité qui ne cache pas son désir de postuler un jour à la présidence de la République. Dommage que l’intervieweur n’ait pas cherché remonter le chemin d’une conception aussi neuve de la démocratie française.
Des propos que nous ne louperons pas ce matin: ceux du président de la République qui tiendra une conférence de presse, tout à l’heure, à l’Elysée, sur le grand emprunt. Nous sommes fauchés, criblés de dettes, mais nous allons emprunter pour préparer les « dépenses d’avenir ». Vous êtes contre les « dépenses d’avenir » vous? Mais vous faites quoi dans la vie? Journaliste? Ah oui, l’équipe de torchons et de serviettes qui narguent Johnny jusque dans sa chambre d’hôpital, des nuls qui ne comprennent rien à rien. Laissez faire ceux qui savent. Empruntons, empruntons, il en restera toujours quelque chose.
Page 12 du Monde de ce week-end. Un papier fort intelligent de Claire Gatinois. Ou plutôt, un papier fort informé, c’est à dire un papier de journaliste. On y apprend que selon les calculs d’une agence spécialisée, « la dette souveraine mondiale devrait atteindre 49.500 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. La progression de 15.300 milliards de dollars affichée cette cette année par la dette mondiale représente plus de 100 fois le montant du plan Marshall ajusté de l’inflation. »
Ecrits qui incitent à réfléchir. Ils disent parfaitement comment la gestion de la crise survenue l’an dernier n’est qu’un énorme tour de passe-passe. Toutes les dettes privées, tous les actifs pourris, les traquenards et les pièges de la finances, ont été gobés, happés, récupérés par les Etats au moyen de leurs finances publiques. Loin de régler la crise, ils en ont retardés les effets, espérant peut-être les dissiper, qui vivra verra, laisser du temps au temps, et autres fadaises d’éternels optimistes.
Nous voyons bien l’enchaînement des évènements. Crise financière, puis crise économique, puis crise des finances publiques. Nous en sommes là, juste avant la crise terrible entre toutes, la crise monétaire, typhon dévastateur susceptible de tout mettre à bas, structures économiques et systèmes bancaires, budgets des Etats et épargne des contribuables. Qu’est-ce qui peut la déclencher? La cessation de paiement d’un Etat occidental, la Grèce par exemple, ou l’Espagne, ou l’Irlande, ou un autre, qui par un effet de dominos fera tomber toutes les barrières, toutes les défenses.
Le mécanisme est connu. Personne n’est sûr qu’il se déroulera, personne ne le souhaite au demeurant. Mais tout le monde mesure le danger et pas un de ceux qui le mesure ne parierait sur la certitude de l’éviter. Seulement, il ne faut pas en parler pour ne décourager ni le citoyen, ni le contribuable, ni banquier, ni surtout la Nation, les Nations. Laissez faire ceux qui savent et qui dirigent parce qu’ils savent. Et une bonne fois pour toutes, taisez-vous, torchons et serviettes de malheur!
commentaires (396)
09h37 cevenol 15-12-2009
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Lamentable paillon.La tête dans le sable et contre vents et marées affirmer son soutien à ce triste sire
Même Denizot s'y est mis pour lui faire admettre les propos orduriers de Frêche
Rien n'y fit. Si JM Le pen en avait dit la moitié je n'ose penser à la réaction médiatico politique
Décidément , même les jeunes du PS sont grotesques
2012 est plié
2017 ?
10h06 Minie 15-12-2009
Bonjour Minie
Ici c'est pareil, on a rajouté un petit édredon moelleux : la chatte ne s'y trompe pas et a l'air d'apprécier. Avec tes 4 chats, ça fait du monde dans le plumard ! Hier j'ai passé une partie de la journée dehors (... et même tard avec un projecteur ! ... faut être dingue) ; en rentrant je trouvais que je crevais de chaud, mais il ne faisait que 17°...sur ordre, le chauffage a été monté d'un cran !
vous avez de la neige ?
10h24
Nébuleuse d'Orion
15-12-2009
09h25 Gérard 57 15-12-2009
Bonjour à tous
Salut Gérard, l'imama Nadine Morano a raison de donner une leçon de look au jeunes musulmans et de leurs rappeler que port de la casquette est une prescription de l'islam, cité dans le sourate "loukoum" verset 2, elle doit bien connaître le Coran, d'après elle, ces jeunes musulmans doivent conserver une mode ancestral s'ils ne veulent pas perdre leurs identité maghrébine. et puis, elle leurs demande ensuite de conserver le langage de Verlaine, une façon de s'exprimer et que les grands auteurs contemporains ont pris exemple pour écrire leurs oeuvres littéraire. En voix de disparition, comme l'espéranto, elle soutien ce vocabulaire, merci Mme Morano, HA yaya.


Ce n'est pas le fait que la presse ait annoncé qu'il soit hospitalisé le probleme, c'est le fait que cela a fait effet boule de neige, et que des qu'il y avait la moindre fuite sur les developpements sur son etat de santé, cela faisait la une. De sorte que cela a été traité devant tout le reste y compris Copenhague ou la progression de la réforme de santé américaine.
Quant à Dufflot, oui, le journal de 20 heures a pris le dessus sur ses principes logistico-écolos et climatiques, mais ce n'est pas de sa faute? On sait que l'on vit dans une époque où il faut accaparer les supports médiatiques et faire un minimum de bruit pour toucher qui que ce soit, alors tout le monde doit jouer le jeu. Après ce qui me dérange plus chez elle c'est que je n'entends pas, dans son discours, de propositions concretes.
Au regard de l'importance des media aujourd'hu, il y a eu une vraie victoire à Copenhague, une victoire que les média trop occupés à critiquer, n'ont pas soulignée comme il se doit. Cette victoire, c’est la médiatisation à laquelle nous avons assisté, et avec elle l'indéniable sensibilisation des gens. Je vous invite à lire le billet que j'ai écrit sur le sujet:
http://frketchup.blogspot.com/2009/12/special-copenhague-mais-quest-ce-que.html