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Jean Michel Aphatie 15 décembre 2009 Lien permanent

Le grand emprunt ou le grand sommeil de la France 15/12

Dans l’identité nationale, la modestie n’a pas sa place. L’emprunt que la République va contracter sera « grand », pas tant par son volume, les banquiers que nous honnissons et qui nous financent depuis trente ans ne l’auraient pas supporté, les salauds, que par ses ambitions.

Il financera, selon les propres mots du président de la République, les « dépenses d’avenir » de la France. Alléluia! Nous sommes sauvés puisque l’avenir est désormais financé. Le président, référons-nous toujours à la  parole sacrée, l’a dit hier, lors d’une conférence de presse remarquable et mémorable: « Nous avons constamment sacrifié l’investissement. » Nous? La France, bien sûr. Ou plus précisément ceux qui se sont succédés au gouvernement de la France avant qu’enfin Nicolas Sarkozy n’en saisisse fermement les rênes.

« Avant »? Des nuls. Ce serait intéressant d’ailleurs, citoyen oserai-je même, que le président nous dise précisément à partir de quand, et donc de qui, « nous » avons constamment sacrifié l’investissement. Parce qu’au niveau des impôts et des taxes, pardon, « nous », les Français, n’avons pas vu la différence. Les gouvernements ont beaucoup prélevé. Et qu’ont-il fait de cet argent s’ils ne l’ont point investis? Autrement dit, qui donc rendra des comptes à propos du constat que dresse le président de la République? Réponse: personne, tant il est vrai que la responsabilité politique est surtout l’expérimentation de l’irresponsabilité.

Imaginez donc un journaliste posant la question. Qui donc, M. le président, M. le premier ministre, M. le secrétaire général, a « constamment sacrifié l’investissement »? Réponse: allons jeune homme – c’est de l’imagination – regardons devant nous, inutile de ressasser le passé, marchons, qu’un sang impur et de l’argent frais arrosent nos sillons d’investissement.

L’avenir, l’avenir, l’avenir. Il est rose et riant, si l’on en croit le président de la République. Des milliards et des milliards et des milliards et des milliards financeront l’université française dont les bâtiments prennent l’eau et les étudiants les plus brillants la tagente, notamment vers l’Amérique, pays pourri du capitalisme où l’on se tire dès qu’on le peut.

« Notre objectif est très simple, a dit hier le président, nous voulons les meilleures universités du monde. » Ben voyons, on va se gêner tiens. Avis au Harvard, MIT et autres fabriques de grosses têtes: la France is back! Les meilleurs, ce n’est pas nous mais ce SERA nous. C’est ça le fond du concept « des dépenses d’avenir financées par l’emprunt ». Nous SERONS les meilleurs. Ce SERA formidable.

La politique est une chose nécessaire dans la vie des hommes, inévitable, indispensable. La politique révèle et exprime une culture collective. C’est pour cela que l’observation est passionnante. Personnellement, je pense que la noblesse et la grandeur de la politique tient à l’explication des problèmes que rencontre une société, à la pédagogie que certains des citoyens sont capables de développer à l’attention de tous. Et la grandeur de la politique, c’est de concevoir et de faire partager les solutions au sein de la communauté.

Je ne suis pas sûr, de ce point de vue, d’être français. L’une des caractéristiques de la politique en France c’est le rêve, l’illusion, la description de buts merveilleux que nous pourrions atteindre sans efforts, juste parce que nous l’avons décidé, parce que nous sommes Français. Nous allons donc emprunter. Comme ce sera doux. Nous allons investir. Comme ce sera bien. Puis nous fabriquerons les premières universités du monde. Comme ce sera grand. Et tout cela, madame, monsieur, ce sera la France de demain.

Voilà ce qu’est la France, son identité profonde. Un songe permanent, un rêve formidable. Hélas, parfois nous nous réveillons de ces longs sommeils. Comme c’est triste, le réveil. Et le plus triste dans le réveil, c’est qu’il est inéluctable.

commentaires (322)

Ajouter un commentaire 17h06 MichelO 05-03-2010

« Hamon ironise sur les "records cachés de Nicolas Sarkozy"
Le nombre d'entreprises qui "délocalisent leur activité et de plans sociaux dans des secteurs pourtant en bonne santé se multiplient", assure M. Hamon pour qui cela "n'empêche pas le gouvernement de continuer à défiscaliser les heures supplémentaires avec un record en 2008 de 727 millions d'heures, au détriment de la création de plus de 200.000 emplois". »

Monsieur Hamon ironise et s’étonne peut être que des entreprises délocalisent !

Ce qui est étonnant c’est l’étonnement de Monsieur Hamon – car pourquoi ces entreprises délocalisent ?

Peut être que l’environnement social est défavorable !

Peut être que les dirigeants hésitent à s’implanter en France de peur de payer des plans sociaux hors du commun en cas d’échec !

Peut être que ces entreprises sont apeurées d’une éventuelle séquestration des cadres dirigeants en cas de litige !

Peut être que ces sociétés ont peur de voir leurs stocks mis séquestrés par l’un ou par l’autre en cas ne négociations infructueuses !

Peut être que ces entreprisses ne voient pas d’un bon œil toutes ces grèves dont certaines prêtent à sourire !

Peut être qu’âpres tout les actionnaires pensent que leur capitaux seraient mieux placés dans des pays socialement plus stable ou le pouvoir fait respecter le droit de propriété !

Peut être que ces spectacles de piquets de grève avec le brulage de pneus et de palettes n’est pas très réconfortant par des investisseurs !

Peut être que les syndicalistes qui envahissent les bureaux, prennent possession des locaux, lisent les courriers et se moquent des dirigeant font peur et inquiètent.

Peut être que M. Hamon et les coquets Parisiens sont loin de tout, du monde du travail et du monde des affaires – peut être sont ils ailleurs – peut être n’existent-ils plus depuis bien longtemps et sont les seuls à l’ignorer.

Tout ces gens vivent dans le monde virtuel de la média-politique ou il suffit de crier la plus grosse ânerie pour être écouté.

Peut être que dans ces circonstances les industriels ne voient aucun intérêt à s’installer en France !

A leur place que feriez-vous ?

Mais rassurez vous il y aura toujours des fonctionnaires pour faire grève !

Bonne journée à tous.

Ajouter un commentaire 18h08 anthere 16-12-2009

Cher Monsieur Aphatie,
Comment vous remercier de tant impudence, d'impertinence et d'insolence dans vos opinions? Comment vous exprimer notre gratitude à pourfendre les tartuffes et les cuistres qui pensent à notre place? Comment, en un mot, vous montrer notre reconnaissance à vous savoir ici et maintenant?
N'arrêtez pas, Monsieur! Traquez, démolissez, embrochez tous les jours davantage avec ce bon sens et cette simplicité qui vous honorent et qui confinent, ici, à l'excellence...Faites-les se draper dans leur fausse dignité, faites-les braire, s'indigner, s'offusquer, grimacer, verdir et trépigner tout rouge. Que tous ces bien-pensants s'en étouffent et se pays est sauvé.
Les yeux s'ouvrent grâce à vous, et, malgré le brouillage de Radio-Paris, on vous entend fort à la BBC.

Ajouter un commentaire 12h02 MichelO 16-12-2009

Sommet de Copenhague : dernières nouvelles.

Le Président des USA – Barak Obama ne se rendra pas au sommet de Copenhague pour la simple raison qu’il doit, lui aussi, se déplacer a Los Angeles au chevet du Johnny2000.

Eh oui !

Un scoop pour RTL.

Ajouter un commentaire 10h52 Bob5 16-12-2009

10h30 NonRiendeRien 16-12-2009
Salut.
Tiens, j'en ai un en face de moi qui sert de porte-fanion. C'est un modèle 86/93 restauré et donc inapte au tir ... mais j'ai des cartouches de Lebel encore dans le sachet de papier ficelé. Avec le 07/15 c'était une arme redoutable de précision. Il y a aussi tous les mousquetons de la série.
Bon, mais c'est pas discret pour se balader en ville ...

Ajouter un commentaire 10h51 Jean 2 16-12-2009

10h39 Pierre L. Codet 16-12-2009

Confidence :

Je l'utilise parfois aussi quand je suis embarrassé !
Vieille technique .


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