Informations, impressions, commentaires : mon regard sur l'actualité politique.
Jean Michel Aphatie 28 janvier 2010 Lien permanent
L'étrange conférence sur les déficits publics 28/01
D’abord, le constat.
Soudainement, le déficit des finances publiques françaises est devenu une préoccupation nationale, centrale, prioritaire et urgente. Comment? Par quels mystères? Sous l’influence de quel magicien?
Si l’on se souvient bien, il y a encore quelques mois, on se faisait traiter de nul en économie, de minable en politique et de tordu dans la vie quand on osait dire que peut-être, éventuellement, superfétatoirement, faudrait voir à se pencher un jour sur les trous colossaux creusés avec constance depuis trente ans sinon on finira par tomber dedans. Pour toutes réponses: insultes et railleries. Et là, soudain, organisation fissa d’une conférence à l’Elysée, s’il vous plaît, non pas sur les finances publiques, mais sur les déficits publics, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Pour rester factuel, c’est du jamais vu, en France, depuis Charlemagne. Voire depuis Clovis. Faudrait demander aux historiens. Mais enfin, c’est de cet ordre là.
Maintenant, les questions. Comment le pouvoir formalise-t-il l’inquiétude qui l’a assailli au point d’organiser ce grand spectacle en technicolor? Qui a convaincu le président de se livrer à ce travail? Quelles sont les perspectives d’aboutissement de cette grande réflexion? Tiens, au passage, après l’identité nationale française, les finances publiques françaises. Un vrai peuple de philosophe.
Les plus assidus d’entre vous le savent, ces questions ont été posées à Eric Woerth, ministre du budget, lors de son passage au Grand Jury, dimanche dernier. Ses réponses? Du chloroforme. Rien qui ne nous renseigne sur l’état d’esprit des gouvernants face à ce problème, sur les raisons pour lesquelles le pouvoir ouvre ce chantier maintenant, sur les objectifs qu’il se fixe.
Ne pas répondre à ces questions est une faiblesse. Il sera impossible de faire partager la nécessité d’agir à l’opinion publique si l’on n’explique pas pourquoi il faut agir. Les raisons sont multiples, des plus triviales aux plus sophistiquées. Je pourrais les énumérer ici, mais il s’agirait seulement de la reprise d’un grand classique, ce blog étant farci depuis ses origines, plus de cinq ans, de propos alarmistes sur la dette.
Seulement, la parole d’un journaliste n’est rien, ne pèse rien, par rapport à la parole politique. Ceux qui caractérisent la presse et ses serviteurs comme détenant le « quatrième pouvoir » racontent des fadaises. Je me souviens même d’une émission radiophonique défunte consacrée au pouvoir des médias et intitulée, pour bien se faire comprendre, « le premier pouvoir ». Insurpassable dans le n’importe quoi.
Un exemple pour me faire comprendre. J’ai écrit mille fois ici que la France était proche, ou voisine, de la faillite. Rien. Pas de réaction. Des quolibets. Une fois, une seule, le premier ministre a employé le mot. Une affaire d’Etat. Vous constatez la différence de niveau? Évidente et normale, car l’influence va avec le pouvoir, et les journalistes n’ont pas le pouvoir. C’est celui qui agit qui a le pouvoir. Le journaliste regarde, ce qui n’est pas grand chose, et donc il n’a pas de pouvoir, ce qui est bien.
Pour faire partager le souci de la dette, ses problèmes et les dangers qu’elle provoque, il faut donc expliquer, raconter l’histoire, tracer la perspective. A ce jour, rien de tout cela n’est fait. Personne ne nous a dit, raconté, pourquoi une telle conférence était convoquée. Ceci ne renforce pas ses chances de succès.
Il faut noter par ailleurs la séquence dans laquelle elle s’inscrit. Il y a exactement huit jours, c’était mercredi dernier, le conseil des ministres acceptait un plan d’endettement pour l’investissement. Huit jours plus tard, on nous envoie un signal de surendettement. Incroyable télescopage dont on est certain qu’il dit au moins une chose: le manque de continuité du pouvoir dans l’action, et aussi le manque d’intérêt de l’opinion pour la question.
commentaires (460)
17h39
Fouquier-Tinville
29-01-2010
Dans le malheur qui frappe Haïti on aurait aimé voir un élan des pays africains.
Cela aurait eu de l'allure et médiatiquement embarrassant pour les pays occidentaux.
Tous ces pays gorgés de pétrole, or, diamants et peuplés de Mandéla, auraient pu nous infliger une leçon.
On se prend à réver d'un dictateur africain disant : " Voilà, nous africains nous mettons 10 milliards sur la table pour Haïti, nos frères ! Haïti notre petite soeur du bout du monde, qui fut exploitée par l' homme blanc et sa colonisation !"
Même si historiquement cela est faux, cela aurait eu de l'allure.
Hélas, la Coupe de Foot de l'Afrique l'emporte !
Il ne se passe pas un jour ou l' on n'entende klaxonner dans nos rues à la victoire d'un potentat lointain.
Misère pour Haïti, football pour les autres !
11h30
AGENCE DE NOTATION-AAA
29-01-2010
DA CAPO !
ID du jour.
Affaire Clearstream ou la chronique d'un rebondissement prévisible...
Une action à deux bandes.
Dans un premier temps, et afin de consolider dans l'opinion la fausse idée d'une justice indépendante, on absout M. de Villepin.
Le contraire eut été intenable pour le président de la République. On l'aurait alors accusé d'exercer des pressions sur les juges, on aurait fait de l'ancien premier ministre une victime sacrificielle, un martyr dont les sanglots longs auraient pu trouver dans le pays bien des échos favorables.
Une sourde suspicion serait alors née autour de cette condamnation.
De toute façon, et par sa propre faute, M. Sarkozy était dans la seringue.
Convenons, cependant, que la manoeuvre est assez rondement menée quoique grossière mais se voulant si fine.
On ordonne secrètement au Ministère public (suivez notre regard) d'interjeter appel suite à décision en première instance qui innocente M. Villepin (et que l'on a favorisée dans ce sens pour les motifs ci-dessus évoqués), ainsi sont sauves les apparences.
On appelle cela faire de la politique.
Affaire à suivre.
AAA_____________./


Moi je dis chapeau au gouvernement. Prévisibilité zéro. Une première dans l'histoire de la Vème République: projet de lois de finances voté en décembre 2009 et déjà un projet de loi de finances rectificatives déposé en conseil des ministres le 20 janvier 2010 pour intégrer les 35 millards du grand emprunt!!! En l'espace d'un mois on modifie déjà le budget voté!!!!
De 2 choses l'une: d'une part problème de calendrier, le gouvernement aurait du demander à la commission juppé-Rocard de se prononcer avant que les discussions sur la loi de finances ne commencent, avant octobre en gros, celà aurait permis d'intégrer ce "grand emprunt" dans la LFA de 2010. Concrètement, soit le gouvernement va prendre des décrets d'avance que le parlement viendra ratifier par la LFR(loi de finances rectificatives) mais celà pose un problème de démocratie financière. Soit le parlement va s'ateler à une LFR ce qui est chronophage alors que ceux ci ont déjà beaucoup de taffe et les réformes urgentes attendront. 149 milliards de déficit il faudra serieusement penser à réduire ce déficit et arreter de donner des leçons aux collectivités territoriales qui eux n'y ont pas droit et se font transférer des compétences avec des ressources insuffisantes.