Informations, impressions, commentaires : mon regard sur l'actualité politique.
Jean Michel Aphatie 16 octobre 2007 Lien permanent
Petites nouvelles de la République 16/10
Sauvé. La Une du Figaro, aujourd'hui, huit colonnes, la bonne nouvelle: "Lagarde promet une reprise de la croissance." Ouf, je respire. Et vous?
Enfoncée. Christine Albanel, ministre de la culture, visitait hier soir l'exposition intitulée "L'atelier d'Alberto Giacometti", qui a pris ses quartiers au Centre Georges Pompidou. Son agenda situait la visite à 18 heures, en compagnie, était-il précisé, de Bernadette Chirac et de Bernard Arnault, PDG de LVMH. Certainement prise par ses obligations ministérielles, Christine Albanel est arrivée en retard et, un peu prise par le temps, annonce tout à trac au petit groupe qui l'attendait: "Je suis désolée, je vais devoir repartir très vite." Bernadette Chirac, alors, sèche et sarcastique, lui demande: "Mais pourquoi êtes-vous venue?" Interloquée, la ministre cherche sa réponse et déjà l'épouse de l'ancien président enchaîne, faussement douce: "Vous me reconnaissez?" Ambiance glaciale dans le groupe tout au long de la visite, puis, comme elle avait annoncée, Christine Albanel s'en va rapidement. Sentence de Bernadette Chirac une fois la ministre partie: "Au prochain remaniement, elle saute."
Précision de l'entourage de la ministre.A la lecture du blog, un collaborateur de Christine Albanel tient à ce que figure les précisions suivantes sur le blog. Arrivée selon lui avec un léger retard, la ministre a consacré une heure et demie à la visite de l'exposition. Par ailleurs, Bernardette Chirac serait partie avant elle, cinq minutes environ, et n'aurait donc pas tenue, comme indiqué dans la première version, un propos désobligeant à l'égard de Christine Albanel, en tout cas pas dans les conditions décrites.
Par ailleurs, plusieurs sources confirment que l'ambiance lors de cette viste fut proche du polaire, notamment à cause de l'humeur de Bernadette Chirac, pas spécialement chaleureuse ce lundi d'octobre.
Surbooké. Le Parisien revient ce matin sur la quintuple carrière que Jean-François Copé mène de front. On rappelle les titres: maire de Meaux, président de la communauté d'agglomération meldoise, député de Seine-et-Marne, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale et donc, dernière activité en date, avocat au cabinet paraît-il ultra connu et super côté Gide, Loyrette et Nouel. Selon le journaliste du Parisien, Jean-François Copé consacre pas mal de temps à son nouveau travail. "Il prend ses marques, il est assez présent en ce moment", confie une source anonyme au sein du cabinet. Évidemment, pas question de conflit d'intérêts puisque l'élu de la République assure ne se consacrer qu'aux activités de médiation entre entreprises. "Dans le petit monde des avocats, poursuit le journaliste, cette affirmation fait sourire." Et une source, encore anonyme, précise: "Ce qui est intéressant chez Copé, c'est son carnet d'adresses. Il serait étonnant qu'il ne s'en serve pas pour faire du lobbying si on le lui demande." Dernière précision dans le papier: l'élu refuse de dire quelle rémunération il va percevoir pour ce travail. Le journaliste indique que l'heure de travail dans ce cabinet est facturée aux clients "environ 500 euros de l'heure", dont une partie est reversée au cabinet. Le temps, l'entregent et l'argent... Comme dit Jean-François Copé: où est le problème?
Délirium. Daniel Dewavrin, dont je ne savais pas personnellement qu'il existait, ancien président de la désormais too much UIMM, accorde une interview décomplexée au journal Le Monde. "Ce que l'on prétend découvrir aujourd'hui, attaque-t-il à propos des paquets de billets liquides que retirait Denis Gautier Sauvagnac, n'est pas un mystère pour tout le monde, c'est même assez largement connu." Ah bon? Aurait-il pris un café avec Yves Bertrand, récemment? Il poursuit: "On peut même penser qu'autrefois, c'était même beaucoup plus." Ce devait être bien, "autrefois". D'où vient l'argent? "De cotisations volontaires et supplémentaires", "uniquement des entreprises", et le tout, bien sûr, "dûment déclaré". Déclaré, d'accord, mais conforme par exemple à l'objet social des entreprises? Si un juge fouine, horreur, y aurait-il pas un petit risque d'abus de bien social?
Et d'ailleurs, pourquoi faire cet argent? L'auteur de l'entretien soumet à Daniel Dewavrin une explication avancée par Denis Gautier Sauvagnac dans des conversations privées au sein du MEDEF: il s'agissait, selon lui, de "fluidifier les relations sociales". Réponse de Daniel Dewavrin: "Je ne peux que confirmer ses termes." "Fluidifier" est un beau verbe. Que recouvre-t-il, exactement? Pour parler clair, les patrons ont-ils payé des syndicats? Si oui, chapeau! Et après la "fluidification", ne risque-t-on pas la "grippation" des relations sociales? En tout, cas, Daniel Dewavrin tient bon le guidon. "Nous pouvons conclure très clairement que ces retraits en espèces ne sont pas des infractions." Et puis ceci encore: "Staturairement, ces retraits entrent tout à fait dans les missions et dans l'objet social de l'UIMM." On lit des choses, parfois, on se demande si on rêve...
ADN. Députés et sénateurs vont trouver un terrain d'entente, aujourd'hui, pour introduire les tests ADN dans l'arsenal législatif censé réguler les modalités du regroupement familial pour les immigrés. Ce sera ensuite au tour du Conseil constitutionnel de se prononcer sur cette question qui a suscité un large et profond débat. Quand il a été nommé rue de Montpensier, siège du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré ne s'imaginait sûrement pas qu'il s'amuserait autant.

