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Jean Michel Aphatie 18 février 2008 Lien permanent

De la monarchie élective et du fil à couper le beurre mou 18/02


L'enseignement de la Shoah divise. Xavier Darcos, ministre de l'Éducation, a défendu ce matin, sur RTL, ce qu'il a appelé "l'intuition" du président de la République concernant ce sujet. Dommage, vraiment, que l'espace ait été laissé au développement d'une polémique à ce propos.

L'attitude de Nicolas Sarkozy président de la République divise. Soit. En démocratie, c'est normal, et même sain. Peut-on, pour autant, dire n'importe quoi? Une plume parée de beaucoup de vertus sauf celle de la légèreté dénonce, je cite, "la dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective." La phrase est faite pour indigner. Elle peut tout autant faire rigoler. Pèle mêle, voici.

La dénonciation du "pouvoir personnel" est une vieille lune de ceux qui, pour une raison ou une autre, s'en sentent exclus. Cela ne veut pas dire que le pouvoir s'exerce de manière personnelle, sans rendre de compte à personne, sans subir le feu de la critique. Par exemple, François Mitterrand a dénoncé le pouvoir personnel qu'exerçait selon lui le général de Gaulle. Voyez que la référence ne nous rajeunit pas. Le responsable socialiste en a même fait un livre, "Le coup d'État permanent", où il qualifiait, au final d'un raisonnement ampoulé par la mauvaise foi, de "duce, de "conducatore", bref, de dictateur. Rétrospectivement, la sottise saute aux yeux. Sur le moment aussi d'ailleurs, puisque beaucoup de contemporains en furent éblouis. Voilà donc qu'on nous ressort la mixture. Nicolas Sarkozy dictateur. Et dire qu'il se trouve des gens pour signer.

Reprenons la formule: "pouvoir purement personnel". Que vient faire l'adverbe ici? Un pouvoir est démocratique ou il ne l'est pas. Il respecte les lois de la République ou il les bafoue. Mais en aucun cas il n'est "purement" ou "impurement" personnel. On sent bien qu'à cet endroit, le rédacteur a hésité. Au fond de lui, la ficelle doit paraître grosse, "Sarkozy pouvoir personnel", "Sarkozy rédacteur, alors il dilue la sauce. Non au pouvoir purement personnel. Mais alors, oui au pouvoir impurement personnel? Dans ces cas là, mieux vaut rigoler que signer.

Poursuivons, car ce qui vient ne manque pas de sel non plus. Ce pouvoir donc dérive. Ou cela? Vers la monarchie élective. Ou plus exactement, il y confine, ce qui est encore bien distant, et d'autant plus chafouin. Il y confine veut dire qu'il n'y est pas encore. Donc, on alerte le bon peuple. Réveillez-vous! Ouvrez les yeux! Nous marchons à la monarchie élective! Ah ça! Qui donc a pondu l'expression? Monarchie élective... Aujourd'hui nous avons Nicolas 1° et demain, qui donc, Jean sans Terre? Mais cette succession dynastique, comment s'opérera-t-elle? Par l'élection? Comme au temps du bonapartisme, les urnes pleines avant d'être ouvertes aux citoyens, la candidature unique, le plébiscite permanent. N'a-ton pas abusé de la chicorée dans quelques cénacles où l'on a réfléchi fiévreusement à la rédaction de cet appel?

Et encore, rédiger l'appel est une chose. Le signer, mettre son nom au bas de l'ineptie, en est une autre. On comprend le moteur de certains, la rage, la rancoeur, la haine. Mais fait-on de la politique en étant débordé par ses sentiments? Poser la question, c'est y répondre.

Je pressens la violence des retours sur le blog. Il serait étonnant qu'écrire cela n'attire pas quelques commentaires sur le "sarkozysme fou" de celui qui refuse de voir que "Sarkozy est fou". Le journaliste qui se protège et qui soutient les puissants, etc, etc.

J'écris cela pour ne pas laisser penser que ce qui suit est une volonté de se dédouaner. A mon avis, le pouvoir peut-être critiqué, et durement, pour la gestion récente de plusieurs dossiers. Deux exemples. Samedi, l'annonce est faite d'une commission présidée par Jean-François Copé qui va réfléchir au nouveau cahier des charges de France Télévision débarrassée de la publicité ainsi qu'aux ressources censées compenser le manque à gagner. Cette commission, la énième en quelques mois, rendra ses conclusions fin mai. Récapitulons. L'annonce de la suppression de la publicité sur les chaines de service public a été faite le 8 janvier. Le pouvoir a attendu le 16 février pour nommer une commission sur le sujet, dessaisissant au passage le ministre concerné. Et le résultat des courses ne sera connu que fin mai. Ne voit-on pas là la très grave déstabilisation que subit le service public, incertain de ses recettes au moment où il doit composer une grille de rentrée? Comment qualifier cette gouvernance? Comment ne pas la critiquer?

Autre dossier. Des négociations s'ouvrent aujourd'hui entre l'Etat employeur et les représentants des fonctionnaires. Le secrétaire d'Etat chargé du dossier, André Santini, a indiqué ce matin qu'il ne fallait pas attendre grand chose de cette réunion. "Les caisses sont vides, les syndicats le savent." Quelle désinvolture! Et quelle constance dans le propos. Voilà des mois que l'on nous dit "les caisses sont vides". Et quelle politique met-on en place pour les remplir? Ou du moins pour colmater les brèches, c'est à dire réduire les déficits? Cette manière de dire que nous sommes ruinés, traduction simple de la formule "les caisses sont vides", ce qui est vrai, puis de parler d'autre chose ensuite, de susciter l'angoisse et de nous laisser nous débrouiller avec, de s'abriter derrière cette muraille pour tout repousser mais de bien veiller à ne jamais expliquer, cette manière de faire est consternante, désolante et agaçante.

Voilà, sans doute, ce qui devrait occuper le débat, plutôt que ces appels fumeux qui énoncent des concepts creux et qui ne valent pas le papier que l'on gâche pour eux.

commentaires (1136)

Ajouter un commentaire 22h55 Jagger 29-02-2008

Monsieur Aphatie,

Sachez que je ne partage ni les interventions ni les « sorties médiatiques » de M. Jean-François Khan.

Mais en ce jour mémorable d’un prétendu « Droit de réponse » dans l’émission "le Grand Journal", vous avez dû faire tomber votre masque de petit valet du sarkosysme. Englué dans vos contradictions, vous avez perdu la face en dépit du renfort de vos collaborateurs __ du jamais vu dans le GJ __ (!!). Vous pensiez sans doute donner une plus-value à votre qualité d’analyste politique en préparant votre pseudo défense ; mais en en répétant les mêmes poncifs qui ont consolidé votre réputation de journaliste « objectif », vous avez définitivement perdu toute crédibilité. Incapable de mener à bien votre argumentation anti-gauche primaire, et pris à votre propre jeu en montrant à tous votre incapacité à démontrer par des objections crédibles la rationalité de votre pensée (refusant de lire « in extenso » une citation empruntée à F.Mitterrand), vous avez laissé libre court à la rhétorique du vieux briscard de JFK que vous aviez sous-estimé et qui vous a proprement ridiculisé. (En dépit de nombreux plans désavantageux à son égard)

Adieu Monsieur Apathie. Mes salutations à Nico.

Ajouter un commentaire 22h55 Jagger 29-02-2008

Monsieur Aphatie,

Sachez que je ne partage ni les interventions ni les « sorties médiatiques » de M. Jean-François Khan.

Mais en ce jour mémorable d’un prétendu « Droit de réponse » dans l’émission "le Grand Journal", vous avez dû faire tomber votre masque de petit valet du sarkosysme. Englué dans vos contradictions, vous avez perdu la face en dépit du renfort de vos collaborateurs __ du jamais vu dans le GJ __ (!!). Vous pensiez sans doute donner une plus-value à votre qualité d’analyste politique en préparant votre pseudo défense ; mais en en répétant les mêmes poncifs qui ont consolidé votre réputation de journaliste « objectif », vous avez définitivement perdu toute crédibilité. Incapable de mener à bien votre argumentation anti-gauche primaire, et pris à votre propre jeu en montrant à tous votre incapacité à démontrer par des objections crédibles la rationalité de votre pensée (refusant de lire « in extenso » une citation empruntée à F.Mitterrand), vous avez laissé libre court à la rhétorique du vieux briscard de JFK que vous aviez sous-estimé et qui vous a proprement ridiculisé. (En dépit de nombreux plans désavantageux à son égard)

Adieu Monsieur Apathie. Mes salutations à Nico.

Ajouter un commentaire 11h21 laloire 28-02-2008

Monsieur Apathie,

A vous écouter donc, tous ceux qui s'inquiètent (et pas seulement Jean-François Khan ou les politiques) de la tournure que prend la gouvernance de Sarkozy ne seraient que des activistes à la petite semaine, affublés en plus d'un tel manque de culture que toutes leurs observations de la vie politique ne seraient que des délires paranaïaques...

Soit

Monsieur Apathie, vous qui êtes LE brillant analyste de la vie politique française, que dois-je comprendre quand Sarkozy demande à la Cour de cassation de se pencher sur la décision du Conseil constitutionnel qui a censuré en partie la rétention de surêté ?

Expliquez moi, vous qui savez...

Voilà qui vient justifier l'appel pour une vigilance républicaine à mon sens.



M. Apathie, vos affirmations sentencieuses commencent à être exaspérantes...

Ou alors vous assumez un engagement (ce qui est votre droit vu que l'objectivité du journaliste est une lubie) ou alors vous cessez de vous placer au-dessus de la mêlée

Ajouter un commentaire 11h21 laloire 28-02-2008

Monsieur Apathie,

A vous écouter donc, tous ceux qui s'inquiètent (et pas seulement Jean-François Khan ou les politiques) de la tournure que prend la gouvernance de Sarkozy ne seraient que des activistes à la petite semaine, affublés en plus d'un tel manque de culture que toutes leurs observations de la vie politique ne seraient que des délires paranaïaques...

Soit

Monsieur Apathie, vous qui êtes LE brillant analyste de la vie politique française, que dois-je comprendre quand Sarkozy demande à la Cour de cassation de se pencher sur la décision du Conseil constitutionnel qui a censuré en partie la rétention de surêté ?

Expliquez moi, vous qui savez...

Voilà qui vient justifier l'appel pour une vigilance républicaine à mon sens.



M. Apathie, vos affirmations sentencieuses commencent à être exaspérantes...

Ou alors vous assumez un engagement (ce qui est votre droit vu que l'objectivité du journaliste est une lubie) ou alors vous cessez de vous placer au-dessus de la mêlée

Ajouter un commentaire 19h09 Incal 25-02-2008

Au risque d'une redite, pourriez-vous Mr Aphatie, répondre à Marianne (ou nous répondre) s'agissant de votre supposée partialité ? Dans leur édition du 23 février, Ils disent que vous les détestez, pouvez-vous le confirmer?

Si c'était vrai, je serai déçu. Pas au point de ne plus vous écouter. Mais sans doute avec une oreille plus étroite à votre endroit.


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