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Jean Michel Aphatie 23 février 2009 Lien permanent

La différence, c'est l'indépendance et les excuses qui vont avec 23/02


C’est la reprise, le retour aux remous de l’actualité après une semaine de vacances. Quels sujets s’offrent à nous ce matin? La Guadeloupe, toujours. La fusion Caisse d’Epargne et Banques populaires, pas franchement nouveau sauf que le secrétaire général adjoint de l’Elysée qui prépare le mariage pourrait hériter du fauteuil de PDG. On se dit qu’ « ils » n’oseront pas. Mais si on se dit cela, c’est justement parce que le sentiment dominant, c’est qu’ « ils » oseront. Et puis le débat qui monte autour de l’OTAN, la retour programmé de la France dans le commandement intégré de l’organisation militaire transatlantique. Charles de Gaulle l’avait quitté en1966 et il sera intéressant, instructif, d’observer comment les élites françaises mèneront ce débat essentiel pour le futur de la construction européenne. Qui, de la sagesse ou de la passion, de la rigueur ou de la bonne foi, l’emportera lors de la discussion? Voilà qui nous renseignera sur nous même, sur nos angoisses et sur nos capacités à les dominer. Ceci, indépendamment d’une position sur le fond dont l’honnêteté oblige à dire que l’on peut soutenir et l’une et l’autre avec de très bons arguments mais qu’à la fin des fins, il faut trancher, ce qui, modestement, sera fait ici en temps utiles.

Voilà donc pour la semaine qui s’annonce. Et la semaine dernière, qu’avons-nous donc manqué? Le sommet social à l’Elysée, par exemple, au cours duquel Nicolas Sarkozy se serait montré, a-t-on lu dans les journaux, « ironique » avec le MEDEF et plutôt conciliant avec la CGT. Double peine perdue. Le MEDEF n’aime plus Nicolas Sarkozy et les syndicats lui sont toujours hostiles. Sur le front économique, la routine, pas une seule bonne nouvelle. A noter quand même le grand tangage du procès Colonna de la part même de ceux qui sont censés servir l’Etat. On ne saurait mieux dire la situation de délabrement républicain dans l’Ile.

Et puis quoi encore? Des marottes, mais un blog, c’est fait pour la marottes. La réponse de Pierre Péan dans Libération, vendredi 20 février. Bon, à voir. Et puis aussi cette histoire qui a enflammé la blogsphère et qui, je l’avoue, m’a bien fait rire.

Il s’agit de la chronique lue sur l’antenne de France Inter, à 7h55, par Stéphane Guillon, le mardi 17 février. Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, étant ce matin là, à 8h20, l’invité de la radio publique, Stéphane Guillon lui a consacré un billet par anticipation. Un billet sans surprise, ni originalité, sur le thème « planquez-vous les gonzesses, DSK arrive. »

La particularité de Stéphane Guillon, c’est qu’avant d’être drôle, il est méchant. Ou plutôt, que son humour repose sur la méchanceté. Ces textes ne sont pas spirituels. Il ne joue pas avec les mots, ne les mélangent pas, ne les triturent pas. Il n’est pas non plus dans le non sens, ou l’ironie. Non, il est tout simplement méchant. Chez lui, les mots sont des balles, il est direct et carré, il veut faire mal, il fait mal, c’est son boulot, c’est son emploi, il le remplit. On attend, autour de lui, ce matin là et les autres, des gens rire dans le studio. Et l’on peut se demander pourquoi ils rient, pourquoi ils trouvent cela drôle. Peut-être, au fond, parce qu’ils l’écoutent en se demandant jusqu’où il va aller, jusqu’où il va oser aller. Et, en salarié modèle qu’il semble être, ce matin là comme les autres matins, Stéphane Guillon a été aussi loin qu’il le pouvait, violent de la première à la dernière ligne, misogyne à plusieurs passages, donc, d’une certaine façon, correct avec son employeur puisque celui ci lui a concédé un peu de temps d’antenne pour accomplir sa besogne.

Seulement voilà, une fois le billet lu et son auteur parti, Dominique Strauss-Kahn, à son tour en studio, s’est ému de la violence du propos. Ceci, c’est son affaire. Un responsable public a-t-il le droit de se plaindre, ou doit-il accepter la critique sans mot dire, comme une contrepartie du pouvoir que lui reconnaisse ou lui confie les citoyens? Vaste question qui ne sera pas ici tranchée.

En revanche, entendant la plainte, Frédéric Schlesinger, directeur de France Inter, a choisi lui de s’excuser. Oui, des excuses, ainsi rapportées par Frédéric Schlesinger lui-même: « J’ai présenté au nom de France Inter nos excuses et le lui (DSK) ai rappelé la liberté de l’exercice. » Alors là, franchement, c’est drôle.

Si Stéphane Guillon intervient comme il intervient sur France Inter, c’est parce que Frédéric Schlesinger l’a souhaité, voulu, et qu’il a organisé son antenne pour que cela puisse se faire. S’excuser ensuite, ou pour être plus précis à la suite des propos tenus, c’est refuser d’assumer sa responsabilité. Ou alors, il faut faire suivre les excuses d’une sanction, légère ou lourde, peut-être seulement verbale. Genre: il a été trop loin, on s’excuse. Mais en l’espèce, c’est l’inverse, je m’excuse, mais il est libre. Ce qui revient, en fait, à ne rien assumer, ni les propos tenus à l’antenne, ni la présence de l’humoriste au moins à ce moment là, ni même, ce qui est cocasse, les excuses présentées à la personnalité mise en cause.

A l’évidence, cette scène montre la relativité du slogan publicitaire choisi par France Inter cette saison. « La différence, lit-on sur les affiches, c’est l’indépendance », « indépendance » par rapport aux « autres », bien sûr. Encore n’était-il pas précisé que cette « indépendance » là pouvait se combiner à l’occasion avec des « excuses », ce qui la rend plutôt singulière.

Naguère, Frédéric Schlesinger avait affirmé, dans un numéro de juin du magazine Télérama, que les radios privées étaient prêtes à faire n’importe quoi pour l’audience. A l’expérience, M. Schlesinger, cela vaut-il seulement pour les radios privées?

commentaires (6)

Ajouter un commentaire 23h31 Baalanen 20-01-2010

Ah excusez moi , je viens de comprendre avec un temps de retard que les commentaires étaient classés par article.Étant nouveau sur votre blog, je suis persuadé que vous ne m'en tiendrez rigueur et reclasserez mon commentaire...
Tchao

Ajouter un commentaire 23h15 Baalanen 20-01-2010

Monsieur Apathie, bonsoir,
Mon propos est en rapport au "coup médiatique" de monsieur Vincent Peillon.
Nouvel inscrit sur votre blog, j'ai 27ans et je viens du sud-ouest de la France, tout prés de quelque endroit que vous connaissez bien ...(toujours sur qu'un peu de "chauvinisme" ne peut plaider qu'en ma faveur!).
Regardant le grand journal le vendredi soir en question j'ai découvert le sujet sur le vif.
Mr Peillon a fait parler de lui.Bien.Qu'en est-il ressorti?
_"le mensonge et la dissimulation",comme arme pour se faire entendre,
_les types de débats proposés,
_la responsabilité des journalistes.
De ces trois points un m'intéresse tout particulièrement, le dernier.
C'est quelque chose qui me semble, pour vous reprendre, "absolument indispensable".
Pierre Bourdieu avait déjà attiré mon attention sur le "pouvoir" des médias.Il nous explique que dans un débat télévisé ou autre, une personne cultivée prendra la parole plus facilement qu'une personne moins cultivée.De plus il est possible d'employer des formules de phrases, des intonations, qui amène l'"autre", a se sentir acculé, ou invité a finir, etc...
A la télévision ce sont les journalistes qui ont ce pouvoir.Ils ont donc une influence sur ceux qui les écoutent.
René Guenon le dit très bien, en quelques sortes, dans "La crise du monde moderne", lorsqu'il parle du chaos social(page 127/128 de l'édition Folio essai, si vous voulez y jeter un œil ).
[...]"le mot a d'ailleurs une importance plus grande que la notion qu'il est censé représenter, et la plupart des "idoles" modernes ne sont véritablement que des mots, car il se produit ici ce singulier phénomène connu sous le nom de "verbalisme", où la sonorité des mots suffit à donner l'illusion de la pensée ; l'influence que les orateurs exercent sur les foules est particulièrement caractéristique sous ce rapport, et il n'y a pas besoin de l'étudier de très prés pour se rendre compte qu'il s'agit bien là d'un procédé de suggestion tout à fait comparable à ceux des hypnotiseurs."On peut penser ici, en autre(...), au mot "burqa".
De la même manière dans le choix des débats, pour en revenir aux journalistes, dans le choix des sujets, des questions, des invités, du "déroulé", etc...Autant de décision à prendre où peut interférer, à tout moment et consciemment ou pas, l'opinion personnel, le point de vue, ou des pressions...
Je pense donc que les journalistes, en particulier, (et les politiques de la même manière d'ailleurs), ont une responsabilité très grande dans l'éducation du citoyen, qu'ils ne peuvent en aucun cas et d'aucune façon tomber dans la facilité, qu'ils ont un devoir d'exemple.
Et pour cela, je pense que Vincent Peillon a eu raison d'agir de la manière dont il a agi, et ce pour réveiller quelques esprits endormi...même si, ne soyons pas dupe, ce n'est pas là le point essentiel qui lui a fait prendre sa décision.
Et rappelons nous qu'éducation égale répétition.

Merci, et excellente année! :)

Ajouter un commentaire 22h21 AGENCE DE NOTATION-AAA 19-01-2010

__CIAO BAMBINI!_BUONA NOTTE A TUTTI.__DOLCE VITA._AAA__./

Ajouter un commentaire 10h52 bisimit 15-12-2009

Monsieur APATHIE , lors de votre intervention de ce jour vous avez demandé s"il était judicieux que certains membre de l'UMP et même du gouvernement soient filmés en train de chanter .
Permettez moi de vous retourner la question et vous demander si vous trouvez judicieux de vous voir danser lors de l'introduction de l'émission de CANAL + et ceci tous les soirs ???

Ajouter un commentaire 19h31 casimiri 16-09-2009

Bonsoir à tous et toutes
Bonsoir Coquelicot

les propos controversés de Brice Hortefeux, homme politique courageux, sont encourageants contrairement à ceux du président de télécom.
ce monsieur maîtrise mal notre langue.
mode, habitude, coutume, règle...il est totalement inhumain donc il n'est plus patron.
au ps asémantique c'est le trou noir d'une dimension cosmique.
tout citoyen responsable doit s'occuper du psa au nom de la démocratie.
le mérou baille toujours


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